Les blogueurs bloguent, au moins au début, on est d’accord là-dessus, mais à côté de ça, ils passent leurs journées à regarder leur statistique en temps réel ou à discuter sur des canaux IRC. Parfois, ils lisent un truc sur l’un où l’autre site, mais en temps normal ils ne retiennent rien, ils se dispersent dans la multitude de ce qui semble offert. Ils ne font qu’attendre qu’il se passe quelque chose. Ils relèvent leurs mails toute les cinq minutes alors que la tâche est automatisée toutes les dix ; ils restent devant leur clavier à regarder leur ordinateur faire ce qu’il pourrait bien faire tout seul : être en ligne. De là, il y a un glissement. On réalise un matin que ce qu’on écrit est de plus en plus mauvais, inutile, incertain, déplaisant. On réalise qu’il serait temps d’aller prendre un bain et de mettre des habits. D’aller draguer un être humain plutôt que de pousser des râles minables devant un divX. On se dit : tout ça c’est la faute du blog. Mais c’est oublier que bloguer, c’est écrire. Et depuis combien de temps n’a-t-on plus écrit ?
[via IokanaaN]