Charlie et la chocolaterie
J'ai hésité, hésité, hésité avant d'aller voir ce film un soir avec ma famille.
J'étais partagée. Je le suis toujours.
Le problème avec les films maintenant c'est qu'il est tout à fait possible de voir (presque) tous les bons moments avant, sans même avoir à fouiller dans les recoins d'internet. Au cas où vous auriez besoin d'une preuve, les trailers montrent 50% des scènes avec les pingouins dans Madagascar et il n'y a qu'eux qui vaillent le coup.
Donc avant même de commencer à me demander si j'allais aller voir Charlie et la chocolaterie, je savais déjà que
Nousavions avons le livre-cassette et nous l'avons écouté un nombre conséquent de fois sur les routes de vacances. Nous en avions d'autres, mais Charlie et la chocolaterie a toujours été un choix savoureux.
J'ai ensuite dévoré d'autres histoire de Roald Dahl : Danny le champion du monde, Mathilda, Les deux gredins, La potion magique de Georges Bouillon, James et la grosse pêche, Moi Boy, Kiss Kiss ...
J'ai vu avec plaisir, émotion et sans état d'âme particulier les films Mathilda et James et la grosse pêche, j'avais apprécié la pièce de théâtre La potion magique de Georges Bouillon, mais voir Charlie et la chocolaterie me troublait. Peut être parce que j'ai vieillis et que c'est toucher à mon imaginaire d'enfant (et à un conte que je connaissais par coeur).
Ma famille se posant beaucoup moins de question, et il leur était évident que nous irions voir ce film.
Nous sommes tous sortis partagés.
Oui, il y a des moments magiques. Oui, il a de bonnes trouvailles. Les vieux sont excellents, les enfants bien trouvés.
Mais... mais il y a certaines choses qui ne vont pas du tout. Les Oompas-lompas. La situation de la famille de Charlie. Le truc avec le dentiste-père de Willy Wonka. La fin du film.
J'ai été agacée par le traitement du personnage de Mike.
Dans le livre c'est un gamin infernal passionné par la télévision. Il pose des questions pertinentes à Willy Wonka qui l'envoie sur les roses.
Dans le film c'est un gamin infernal passionné par les jeux vidéos. Il a réponse à tout et balance des explications scientifiques comme Veronica devrait faire des caprices (parce qu'originalement elle est capricieuse et se roule par terre jusqu'à ce que ces parents cèdent). Willy Wonka ne fait absolument pas attention à lui et feint de ne pas entendre ses questions.
Depuis quand avoir un esprit scientifique est mauvais pour un enfant ? Le Mike du film est un petit génie avec des parents crétins qui sont dépassés. Et pour ces raisons, c'est un mauvais garçon qui sera puni. Jeux vidéo contre télé, très bonne trouvaille. Science contre violence, crime.
La physique fait rêver plus longtemps que le chocolat.
Comme la promesse d'être founi toute sa vie en confiserie, complêtement oubliée à la fin de la journée, peut faire rêver.
Il me semble qu'après de telles aventures (désagréables et moralisantes) les enfants devraient se souvenir de ce lot de consollation (gourmand et conséquent).
Curieusement si ce prix figure bien sur les tickets d'or, le film les a accompagné d'un prix spécial qui sera seul retenu. Il faut bien ça pour justifier que la famille de Charlie continue d'être misérable après la visite (même si le gamin n'a pas l'attitude d'un gosse qui meurt de faim).
Le ballet des camions était pourtant bien réglé.
Je veux bien que Tim Burton ait été traumatisé par le port d'un appareil dentaire, ça arrive à de nombreuses personnes. Mais ça n'a rien à faire dans ce film, dans cette histoire.
Willy Wonka est tendre et givré. C'est un confiseur-magicien, pas quelqu'un de traumatisé par sa famille. Et normalement il invite immédiatement toute la famille de Charlie dans la chocolaterie, en poussant le lit des quatre grands-parents dans le grand ascenseur de verre. La fin du film dénature complètement l'histoire, et ajoute une morale en guimauve (la famille c'est important et beau) qui ne vaut pas mieux que celle du livre (il faut être gentil car les enfants méchants seront punis un jour).
Est-ce qu'à chaque fois que le film est américain il va falloir partir avant la fin pour être moins déçu ?
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J'étais partagée. Je le suis toujours.
Le problème avec les films maintenant c'est qu'il est tout à fait possible de voir (presque) tous les bons moments avant, sans même avoir à fouiller dans les recoins d'internet. Au cas où vous auriez besoin d'une preuve, les trailers montrent 50% des scènes avec les pingouins dans Madagascar et il n'y a qu'eux qui vaillent le coup.
Donc avant même de commencer à me demander si j'allais aller voir Charlie et la chocolaterie, je savais déjà que
- Willy Wonka est trop jeune. En plus c'est Johnny Depp. Trop jeune. Trop jeune, trop jeune.
- Le bateau qui descend la rivière de chocolat est rose fluo, et ça ne correspond pas à mon idée de ce que peut être un bateau en fondant.
- Les Oompas-lompas sont des clones et non pas une ethnie de pygmées qui vit dans la chocolaterie bien plus confortablement que dans la brousse.
- ...
Nous
J'ai ensuite dévoré d'autres histoire de Roald Dahl : Danny le champion du monde, Mathilda, Les deux gredins, La potion magique de Georges Bouillon, James et la grosse pêche, Moi Boy, Kiss Kiss ...
J'ai vu avec plaisir, émotion et sans état d'âme particulier les films Mathilda et James et la grosse pêche, j'avais apprécié la pièce de théâtre La potion magique de Georges Bouillon, mais voir Charlie et la chocolaterie me troublait. Peut être parce que j'ai vieillis et que c'est toucher à mon imaginaire d'enfant (et à un conte que je connaissais par coeur).
Ma famille se posant beaucoup moins de question, et il leur était évident que nous irions voir ce film.
Nous sommes tous sortis partagés.
Oui, il y a des moments magiques. Oui, il a de bonnes trouvailles. Les vieux sont excellents, les enfants bien trouvés.
Mais... mais il y a certaines choses qui ne vont pas du tout. Les Oompas-lompas. La situation de la famille de Charlie. Le truc avec le dentiste-père de Willy Wonka. La fin du film.
J'ai été agacée par le traitement du personnage de Mike.
Dans le livre c'est un gamin infernal passionné par la télévision. Il pose des questions pertinentes à Willy Wonka qui l'envoie sur les roses.
Dans le film c'est un gamin infernal passionné par les jeux vidéos. Il a réponse à tout et balance des explications scientifiques comme Veronica devrait faire des caprices (parce qu'originalement elle est capricieuse et se roule par terre jusqu'à ce que ces parents cèdent). Willy Wonka ne fait absolument pas attention à lui et feint de ne pas entendre ses questions.
Depuis quand avoir un esprit scientifique est mauvais pour un enfant ? Le Mike du film est un petit génie avec des parents crétins qui sont dépassés. Et pour ces raisons, c'est un mauvais garçon qui sera puni. Jeux vidéo contre télé, très bonne trouvaille. Science contre violence, crime.
La physique fait rêver plus longtemps que le chocolat.
Comme la promesse d'être founi toute sa vie en confiserie, complêtement oubliée à la fin de la journée, peut faire rêver.
Il me semble qu'après de telles aventures (désagréables et moralisantes) les enfants devraient se souvenir de ce lot de consollation (gourmand et conséquent).
Curieusement si ce prix figure bien sur les tickets d'or, le film les a accompagné d'un prix spécial qui sera seul retenu. Il faut bien ça pour justifier que la famille de Charlie continue d'être misérable après la visite (même si le gamin n'a pas l'attitude d'un gosse qui meurt de faim).
Le ballet des camions était pourtant bien réglé.
Je veux bien que Tim Burton ait été traumatisé par le port d'un appareil dentaire, ça arrive à de nombreuses personnes. Mais ça n'a rien à faire dans ce film, dans cette histoire.
Willy Wonka est tendre et givré. C'est un confiseur-magicien, pas quelqu'un de traumatisé par sa famille. Et normalement il invite immédiatement toute la famille de Charlie dans la chocolaterie, en poussant le lit des quatre grands-parents dans le grand ascenseur de verre. La fin du film dénature complètement l'histoire, et ajoute une morale en guimauve (la famille c'est important et beau) qui ne vaut pas mieux que celle du livre (il faut être gentil car les enfants méchants seront punis un jour).
Est-ce qu'à chaque fois que le film est américain il va falloir partir avant la fin pour être moins déçu ?
Par Mouche | Mercredi 17 Août 2005, 22:45 | bricolage | Précédent | 4 commentaires |Suivant
par Fred de Mai, le Jeudi 18 Août 2005, 03:06
Je ne connaissais pas l'histoire originale donc je suis sorti ravi comme toute ma famille d'ailleurs. Maintenant que je viens de lire cette note, je vais me mettre à la recherche du conte d'origine pour le lire à ma fille.Répondre à ce commentaire

Commentaires
1 - méta-remarque inutile, mais qui m'a fait rirepar Mouche, le Mercredi 17 Août 2005, 22:53 Répondre à ce commentaire